Lou, Théo. Same story, same troubles ...

lOu et ThéO

~ 4

le 26/07/2007 à 20h39

Théo m'avait proposé de manger chez lui ce soir, et je n'ai pas dis non, puisque mes soirées chez moi ne se passait autrement qu'avec un tête à tête avec la télé, ou l'ordinateur, ça dépendait de mon humeur. Parfois Théo venait, et l'on se faisait des plateaux télé, ou on refaisait le monde sur le grand tapis blanc du salon.
Chez moi, tout était propre. Bien rangé, ordonné, classé. J'étais fille unique et mes parents n'étaient que rarement là. Ce qui ne me dérangeait pas vraiment, maintenant qu'il y avait Théo. Chez lui, tout était... Vivant. On dit que les maisons reflètent leurs propriétaires. Je ne sais pas si c'est vrai. Pour mon cas, je suppose que non, vu que je prends grand soin d'être...survoltée.

Dans le supermarché, Théo poussait le chariot et attrapait au vol ce dont il avait besoin. Comme si c'était une habitude. Moi je marchais à côté de lui, en essayant désespérément de l'aider, mais sans succès.

-Sincèrement, je trouve ça injuste! Ils font de la discrimination envers les petits ici!

-T'as qu'as mangé plus de soupe, espèce de Petite râleuse! Il rit et insista bien sur le mot "Petite".
-Et comme par hasard, tout ce dont vous avez besoin se situe sur les étagères du haut. Le monde est mal foutu!

Je devais parler fort car certaines personnes se retournaient, mais j'avais pris l'habitude de ne pas prendre en compte le regard des autres. Théo me disait de parler moins fort, et moi, j'ai juste ris, et dis une débilité du genre "Oui mais tu sais, s'ils me regardent tous, c'est parce que je suis somptueuse!"


Ils firent les courses pendant environ une heure. Arpentant les différents rayons. Lou essayait de marcher droit, et vite. Théo essayait de ralentir le pas. C'était assez comique, pensait-il. Elle ne faisait que parler, sans arrêt. Mais ça ne le dérangeait pas outre mesure, bien au contraire.

-Mon dieu ce qu'il fait chaud. C'est infernal! Fit-elle remarquer, en souriant.
-Si tu t'agitais moins.

Elle ne l'écouta pas et lui dit de l'attendre deux minutes. Lou couru dans les rayons surgelés et pris un paquet de glaces, avec 3 magnums à l'intérieur. "Hé Théo! Ca te dit?!" Il soupira, amusé, et lui répondit qu'ils allaient bientôt manger.

-Roh. Bon ba on se dépêche alors. J'ai chaud.

Ils finirent par sortir du magasin et elle lui arracha le chariot des mains. "Je peux au moins t'aider en rangeant! Ca, je peux, et je sais le faire!"

Il la laissa ouvrir le coffre, poser les sacs, et ramener le chariot. Puis ils partirent chez lui.

~ 3

le 26/07/2007 à 20h26


Soudain Lou se leva et dit qu’elle allait nager. Elle marcha le long de la plage, comme elle l’aurait fait d’habitude. Evitant une à une les vagues qui essayaient de lui mouiller les pieds. Pareille à un de ces enfants qui couraient avec leur cerf-volant. Comme une enfant oui. Elle revint en courant, et tout en enlevant son t-shirt, me demanda si je venais nager avec elle :
« Tout à l’heure, dès que j’aurais fini ce que j’ai à faire. » Elle savait pertinemment que je ne viendrais pas. Mais ça ne la dérangeait pas outre mesure. Je n’aimais pas me baigner et comme je ne savais pas nager, ça n’était pas si dérangeant en soi. Mais elle me demandait ça, par pure formalité sûrement. Elle plongea. Petit point perdu dans cette immensité bleue. Je me replongeais dans ma réflexion quand elle arriva et se rassit sur sa serviette.
« Tu veux un gâteux » ? Me demanda-t-elle en tendant une boîte de cookies. J’en pris un tout en disant que je ne comprenais pas pourquoi elle aimait tant l’eau. Elle me répondit, tout en lisant une feuille où j’avais griffonné quelques trucs que c’était comme si elle pouvait contrôler sa vie. Décider de rester à la surface ou alors plonger. Mais pour remonter, inéluctablement. Elle prit mon crayon et écrivit cette phrase sur mon bout de papier.
« Ca le fait je trouve. » Dit-elle en me souriant. Sûrement.


Il était déjà pratiquement 18h00 mais il faisait toujours aussi chaud. Deux mois de canicule infernale. Théo se leva et proposa de rentrer. Ce soir, ils mangeaient chez lui. Barbecue dans la toute relative fraîcheur du soir. Dans le jardin qui sentait les roses. Le Lila et le sucre des confitures que sa mère avait faites quelques jours auparavant. Ils remontèrent donc lentement la route jusqu’à la voiture et rangèrent les affaires dans le coffre de la voiture. Au loin on entendait encore le rire des enfants. Ils passèrent devant le port en rentrant. Cela fit sourire Théo. Il y avait la le plus grand brassage de population possible. Français ou étrangers, jeunes ou moins jeunes, tous passaient au moins une fois sur le port et se croisaient, parfois sans se dire qu’il existait dans toute cette masse informe et colorée, des personnes susceptibles de changer leur vie. Théo se gara. A côté d’un supermarché. Ils devaient acheter de quoi préparer le repas de soir.

~ 2

le 21/07/2007 à 11h26

Ils étaient couchés là tout les deux. Soucieux. Même si en apparences tout allait bien. Pourquoi soucieux ? Parce que la vie, à aucun moment que ce soit ne vous épargne. De plus, Lou était dans cette phase si ingrate que l’on appelle communément adolescence. Ce qui ne facilite en rien la vie. Cette période instable où l’on se trouve à moitié dans l’enfance et à moitié dans l’âge adulte. Théo en sortait doucement, encore secoué par moment par des spasmes de l’adolescence. S’il avait le corps en grande partie dans l’âge adulte, il avait conservé la rêverie typique de l’adolescence. Même s’il avait conscience que la vie était loin d’être un conte de fées. Tout comme Lou, qui malgré son jeune âge, comme disait souvent Théo pour l’embêter, faisait preuve d’une maturité à tout épreuve. Ou presque. Il n’y avait jamais rien eu de simple dans la vie. Et il n’y aurait jamais rien. Que ce soit pour Lou, pour Théo ou pour qui que ce soit d’autre. C’était comme ça. Pour se forger un caractère. Pour vivre, tout simplement. Car que vaudrait la vie, sans aucun rebondissements ?

Théo écrivait en silence, et on ne faisait que partager la musique. Et certaines pensées, je suppose. Je sentais mon corps qui se chauffait de plus en plus, et me disais qu'à la rentrée, j'aurais cette superbe couleur bronzée, comme les filles que l'on voit à la télé, le samedi soir. Bien sur, je n'aurais rien à voir avec elle, mais bon. Il est parfois bon d'être bercé par des illusions, même futiles. Au bout d'un moment, je me suis levée, et j'ai enlevé mon Jean.

« Bon Têtard, je crame trop. Tu viens te baigner ou pas? »

Il leva les yeux de ses feuilles noircies par son écriture, et me dit qu'il viendrait dans un petit moment. Parfois, je me demande à quoi il peut penser. Mais j'avais tellement à faire avec moi même que je m'occuperai de lui un peu plus tard. Je me suis donc promené sur le bord de la plage, en zigzaguant dans le sable et en jouant avec les vagues. Je regardais les petits qui faisaient leurs châteaux de sables, et je me demandais si, moi aussi quand j'étais comme eux, j'avais cet air angélique et insouciant imprégné sur le visage. Tout ces enfants sur le bord de la plage, c'est comme des petits anges. Qui ne se doutent de rien.
J'avais laissé mon MP3 à Théo, ce qui fait que j'étais perdue avec mes propres pensées, ce qui était assez désagréable. Alors je suis revenu en courant vers l'endroit où nous nous étions installés, et j'ai enlevé mon T-shirt.

-Je vais jusqu'à la bouée jaune. Je reviens dans 20minutes!


Lou partit en courant, plongea dans la mer et nagea, très vite. Elle avait besoin de se défouler un peu, parce que l'inaction lui était parfois très vite insupportable. Elle évitait les gens sur son passage, puis vint un moment où elle se retrouva seule au milieu de ce grand espace bleu. Elle sourit et plongea la tête la première pour toucher le fond. Elle en ressortit avec une étoile de mer dans la main. Elle nagea avec jusqu'à la bouée, puis la remit au fond. Théo était d'une nature assez calme et réfléchie, elle, c'était... Un peu l'inverse. Dans un sens, on peut dire qu'ils s'étaient bien trouvés, ces deux là. Leur différence d'âge ne posait aucun problème. Peut-être la différence de taille, pour Lou, qui ne pouvait jamais avoir le dessus dans une bagarre improvisée. Sauf quand Théo voulait bien se laisser faire.

 Leur après-midi improvisé à la plage se termina assez vite. Elle revint trempée vers les serviettes, et arracha une feuille des mains de Théo. Elle ne lu pas tout de suite, attendant une réaction, mais il ne dit rien. "Têtard, je peux lire ou pas?". Il continuait de regarder une autre feuille, son petit crayon dans la bouche, et acquiesça. Elle pu ainsi lire des phrases de certains bouquins, qu'elle avait déjà lu. Et d'autre phrase, comme ça. Elle lui rendit et sortie une boite de gâteaux au chocolat noisette de son sac.

-Ca m'a crevé tout ça! Tu en veux?
-J'ai jamais compris pourquoi tu aimais tant l'eau. Se contenta-t-il de dire en prenant un gâteau qu'elle lui proposait.
-Bah... C'est bien, c'est tout. Je me dis que je peux contrôler ma vie, parce que je pourrais très bien décider de me laisser couler. Mais qu'au final, je remonte toujours.

Elle lui sourit et pris le crayon qu'il avait posé à côté de lui. "Cette phrase était superbe, oui. Il faut la noter!".
Elle retranscrit donc rapidement ses paroles et dessina une étoile à côté de tout ça.

~ 1

le 20/07/2007 à 11h08
Après cinq minutes de petites chamailleries pour savoir où ils iraient, ils ont finalement opté pour la plage, leur lieu de rencontre, d'ailleurs. Lou avait insisté pour y aller en voiture et non à pied, vu qu'elle était fatiguée, puisqu'elle avait "couru aussi vite que la lumière". Il s'est moqué mais sans méchanceté aucune, et ils sont arrivé sur place en un temps records. Ce qui était étonnent, puisque d'habitude la route pour se rendre à la plage était bondée. Elle était assise sur les genoux, et passait la tête dehors, pour avoir de l'air frais.
-Lou, si un camion passe, tu n'as plus de tête! Lui dit Théo, tout en gardant un œil droit devant lui.
-Ca sent vraiment la fin des vacances. Il n’y a presque plus personne. Tu ne trouve pas? Elle ne l'écoutait pas et continuait de fermer les yeux alors qu'une légère brise rafraîchissait son front. Il se gara rapidement et avec maîtrise, et elle descendit précipitamment, en le laissant porter les serviettes.

Théo portait les serviettes tandis que je courrais sur la plage pour trouver un emplacement à mi ombre mi soleil, et où il y avait peu de monde. Quand j'ai crié un "Ici!", il s'est contenté de sourire. "Je me souviens. C'était ici la première fois qu'on s'est rencontré". Oui. Je m'en souviens aussi.
-J'avais même été tiraillée entre le fait de te rendre ton MP3 ou le garder. Lui dis-je, avec un clin d'œil.
-C'est vrai. Il faut dire, j'ai si bon goût en matière de musique! Il déposa nos serviette, la sienne à l'ombre, et s'assis. Et commença à écrire.
Je l'ai regardé en souriant, puis me suis allongée de tout mon long, au soleil. J'ai croisé les bras derrière ma tête, en fermant les yeux, et en profitant des rayons du soleil. Puisque, mine de rien, le temps passe vite et l'hiver serrait bientôt là.
-Tu écris quoi?
-Rien. Et tout à la fois. Je te ferrais lire, un de ces jours.
Oui. Pensais-je, toujours les yeux fermés.

Je roulais. Ni trop vite, ni trop lentement. Mais toujours trop lentement au goût de Lou.
« Lou, rentre ta tête s’il te plait, si un camion passe, tu seras décapitée. Couic.
-Tu t’inquiètes pour moi ? Dit-elle en souriant.
-Je ne voudrais pas de sang sur la voiture surtout. » Et j’ai souris avec cet air machiavélique qu’ont les gens qui se croient supérieurs. Et je me suis remis à regarder la route devant moi.
« Toi, je te hais. » Répondit-elle en souriant de toutes ses dents. Et j’ai éclaté de rire.
On est arrivés assez vite à la plage. Alors qu’une semaine auparavant Lou passait une heure à râler après les vacanciers. C’à quoi je répondais que si elle n’était pas arrivée une fois de plus en retard, nous ne serions qu’en retard d’une heure. Elle est descendue en trombe, en courant vers la plage. Je me suis tourné vers elle et j’ai crié :
« Et moi je sors les serviettes et le reste c’est ça ? » Bien sûr, je n’attendais pas de réponse. J’ai pris les serviettes et de quoi boire. Puis j’ai fermé la voiture et j’ai descendu le petit chemin qui conduisait à la plage. En effet elle était moins remplie que les jours précédents. Il fallait rentrer chez soi, les vacances tiraient à leur fin. Inéluctablement. J’ai trouvé Lou qui me faisait plein de signes pour que je la rejoigne. Elle m’attendait là où j’avais, près de deux mois auparavant, oublié mon mp3. Je lui ai tendu sa serviette. J’ai posé la mienne et je me suis assis. Carnet et crayon à la main. Histoire de déposer à la volée les mots qui me passaient par la tête. Décrire cette plage qui sentait bon. Le sucre des barbes à papa, les bourrasques de vent, les voiliers de plaisance au large. Notre première rencontre.
« Tu écris quoi ? » M’a demandé Lou, couchée sur sa serviette, mains derrière la tête, les yeux fermés.
« Rien. Et tout à la fois. Je te montrerai. » Elle n’a pas répondu. Et je me suis finalement couché sur ma serviette, le soleil me brulant littéralement la peau. Mais je m’en fichais. Il fallait bien vivre. Si à 18 ans et demi je ne le faisais pas, quand le ferai-je ? Enfin. Vivre, c’était un bien grand mot. Se laisser brûler la peau par le soleil n’avait rien de bien révolutionnaire ni anarchique.

~

le 18/07/2007 à 10h51

Je suis sortie de chez moi en courant, avec un élastique bleu coincé entre mes dents, tout en me faisant une sorte de chignon, qui n'allait pas tenir, vu la longueur de mes cheveux dérisoires. "Encore en retard hein?", pensais-je en souriant, tout en essayant de rajuster les mèches qui me tombaient devant les yeux. Quelle excuse allais-je sortir à Théo, cette fois-ci? Bof. Tant pis. C'est les vacances après tout, il comprendra donc que mon fabuleux réveil avec des papillons n'a pas sonné. Hier, il faisait tellement chaud que nous ne sommes pas sortis longtemps, préférant s'installer chez moi devant un bon DVD. Mais aujourd'hui nous avions décidé d'aller à la plage. Pour profiter de ces derniers jours. Ces derniers jours d'été, brûlants et étouffants.

J'avais augmenté le son de mon MP3 pour me donner un rythme, histoire de ne pas arriver trop en retard non plus. Me coupant ainsi du monde, je n'entendais plus les voitures sur le bitume, ni les rires des enfants dans le square, à coté de chez moi. Et j'ai commencé à courir, mal grès la chaleur. Je l'ai tout de suite vu sous l'abri de bus. Bien droit, légèrement penché sur une feuille qu'il devait être en train de gribouiller de mots, tous ces jolis mots qu'il sait si bien écrire. J'ai accéléré le rythme et me suis jetée sur lui, avec un grand "Bouh!" qui le fit sursauter.

15h00. Lou ou l’exactitude même. On avait dit 14h00. Enfin. Je grillais sous un soleil de plomb. L’odeur du goudron à moitié fondu me dégoutait de plus en plus et je n’avais qu’une envie, me réfugier à l’ombre du saule pleureur du parc Salvator. Et de goûter avec délice aux derniers jours d’été. Bon, replongeons-nous dans nos pensées désordonnées et attendons Lou. Ah oui, j’oubliais. J’écris beaucoup. Même si rien n’a jamais de rapport, ce n’est pas bien grave. Disons que chaque chose qui me passe dans la tête est susceptible de me resservir un jour. Ah voilà. Elle est arrivée, bondissante comme d’habitude. En criant « BOUH », pour m’effrayer. Pari réussi. Alors on a commencé en marchant, elle un pied sur le trottoir, l’autre sur la route. Comme une enfant. Et les discussions ont commencé. On va au parc. Non, à la plage. On y a passé tout notre été. En plus t’es arrivée en retard. Mais ça ne change pas ça. Hé, ne commence pas à me faire des réflexions désobligeantes je te prie. Bon, ok. On va à la plage. Mais pas de glace ni de chichi, ni de beignets ni autre hein. Marché conclu. Alors on a pris le chemin de la plage. Là où les parasols s’élevaient encore par millier. Ca m’avait toujours fait penser à un mac flurry m&m’s. A cause de tout les points en couleurs sur cette étendue pratiquement blanche. Cette plage où l’on avait passé tout notre été, le regard perdu dans le lointain d’un coucher de soleil, à murmurer à demi-mots des souhaits que l’autre ne pouvait entendre. Mais que l’on devinait. Parce que parfois nous n’avions pas besoin de parler. Parce qu’un regard ou un froncement de sourcils suffisaient. Alors qu’on ne se connaissait depuis même pas deux mois. Parce qu’un jour j’avais oublié par inadvertance mon mp3 là où j’avais déposé quelques heures auparavant ma serviette de bain. Il crachait alors littéralement du Lost Prophets à un niveau sonore très peu acceptable pour des gens bien, comme aurait dit ma mère. Et qu’elle me l’avait rendu, en courant derrière moi pour me rattraper. Et elle me l’avait tendu, disant que j’avais de bon goût. Et c’était là que tout avait commencé.

[re]Début *

le 27/06/2007 à 15h33

Ils marchaient tout les deux depuis un bon moment dans cette rue qu'ils avaient arpentée maintes et maintes fois. Lui, assez droit, t-shirt noir arborant fièrement le visage blanc et déformé que l’on pouvait rencontrer sur la pochette du dernier cd de blink 182. Elle, plus petite, gigotait tout en faisant de grands gestes. Il l’écoutait en silence et hochait à la tête pour acquiescer. Le soleil leur brûlait la peau. C’était la fin. Cette fin d’été qui sent les souvenirs, la crème solaire et le sable chaud. « Mais têtard ! Je te dis de changer ton vieux crayon, tu fais pitié là ! » S’écria Lou en bondissant devant Théo.

Elle marchait de travers, un pied sur le trottoir, et un autre sur la route. T-shirt noir, elle aussi, avec le logo de superman. Lou poussa Théo pour rire, et celui ci lui assena une petite tape sur la tête. "Non mais c'est vrai quoi. Je t'ai offert un stylo et tu ne l'utilise même pas!". Il était d'une nature calme, peut-être trop, d'après elle qui s'agitait en permanence. La plupart des passants les regardaient, assez étonnés qu'ils mettent du noir par cette chaleur limite infernale. Mais ces deux là étaient habitués. Ils marchaient sans regarder les autres, comme s'ils étaient seuls.

Leur été allait s'achever et on aurait dit qu'ils n'en avaient pas conscience. Comme si le temps n'avançait pas, au fur et à mesure de leur pas. Ils passèrent devant des boutiques où les panneaux "Soldes" venaient à peine d'être enlevés, et elle fit une moue. "J'ai l'impression que je n'ai rien fait cet été. Mais vraiment rien du tout." Pas de voyages, pas de vacances en famille. Rien à par des sorties, à la plage ou en ville, avec Théo. Ce qui était déjà largement suffisant.

-Arrête de t'agiter Lou, tu vas finir par tomber.
Elle lui décocha son sourire colgate, en rajustant une mèche imaginaire de son front et elle se mit à rire, en le traitant de vieux shnock. Théo ne disait rien, il ne faisait qu'observer la foule autour de lui, comme s'il était pensif, avec ses lunettes qui descendaient un peu de sur son nez. Il fit tomber un écouteur de son oreille, entrainant la chute de celui qu'avait Lou. Elle leva les yeux au ciel pour le taquiner, et il se contenta de sourire.

-Houla. Courir sous la chaleur, ça m'a fatiguée. Dit-elle se s'agrippant à son bras tout en triturant ses cheveux, qui avaient des reflets violets au soleil.
-Tu n'avais qu'à pas arriver en retard aussi hein?!
-Mais tu me connais têtard! Je suis toujours en retard!
-Une heure, minimum. A croire que tu le fais exprès n'est-ce pas? Répliqua-t-il, un peu moqueur, tout en marchant de travers à cause d'elle qui l'entrainait vers la route.
-Une heure. Comme les stars! Elle rit, de son petit rire sadique soigneusement préparé, et elle ajouta plus sérieusement qu'un jour, elle arriverait à l'heure. Et même en avance. « Mais en attendant, on ne peut
pas rentrer? J'ai chaud et j'ai bien envie d'un grand verre d'orangina comme je les aime, avec des tonnes de glaçons dedans. »
Il acquiesça en souriant et firent demi-tour.

C'était la fin d'un été chaud. Mais le début d'une longue aventure.

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